La Fédération National de l’Avortement (abréviation anglaise NAF) est l’association professionnelle des pourvoyeurs d’avortement. Nous offrons des informations aux femmes enceintes, aux professionnels médicaux et aux décisionnaires publiques concernant l’avortement et d’autres options, ainsi que sur la violence contre les cliniques. Nous cherchons à garantir la liberté de choix en matière de procréation.

Prendre votre décision

Si vous croyez être enceinte, il vaut mieux le savoir sans délai. Plus vous le saurez tôt, plus vous serez en mesure de décider à loisir ce que vous souhaitez faire : devenir mère, faire adopter le bébé ou mettre fin à la grossesse par un avortement chirurgical ou médical.

Choisir d’avorter, c’est choisir d’interrompre délibérément la grossesse. Il est important d’examiner à fond toutes vos options avant de prendre cette décision. Selon l’âge de votre grossesse, vous aurez le choix entre diverses méthodes d’avortement.

Avortements médicalement nécessaires. Parfois, une grossesse est ardemment désirée, mais des considérations de santé relatives à sa propre santé ou à celle de son bébé pourraient amener la femme à décider d’interrompre sa grossesse. Toute femme qui fait face à cette décision a droit à des renseignements impartiaux sur les choix qui s’offrent à elle.

Ainsi, la grossesse ectopique, dans laquelle l’embryon s’implante ailleurs que dans l’utérus, est une urgence médicale qui met la vie en danger et exige les soins d’un professionnel de la santé. Si elle est détectée tôt, la grossesse ectopique peut être traitée par un médicament appelé méthotrexate. Une grossesse ectopique ne peut être menée à terme.

Si vous choisissez de mener votre grossesse à terme et de garder votre enfant, vous aurez la responsabilité de l’élever. Il est important d’examiner à fond toutes vos options avant de prendre cette décision. En tant que parent, vous aurez la responsabilité d’élever votre enfant jusqu’à l’âge adulte, ce qui a des implications aux plans financier, légal, physique et émotif.
En optant pour l’adoption, vous choisissez de confier à quelqu’un d’autre le droit et la responsabilité légale d’élever votre enfant. Il est important d’examiner à fond toutes vos options avant de prendre cette décision. L’adoption pourrait être une façon pour vous de donner à votre enfant l’avantage d’un milieu familial stable que vous ne pouvez lui offrir.

 

Vos sentiments

Votre décision concernant votre grossesse prendra vraisemblablement en compte de nombreux facteurs, dont votre situation présente, vos croyances et vos besoins. Vous vous connaissez mieux que quiconque. Cette page vous aide à examiner ce qui vaut mieux pour vous. Elle offre également des données sur ce que les femmes ressentent après un avortement.

Si vous avez des sentiments contradictoires au sujet de votre grossesse et des choix (l’avortement, être parent, l’adoption) qui s’offrent à vous (comme c’est le cas pour tant de femmes), vous pourriez trouver difficile et angoissant de prendre une décision. Il est donc utile de reconnaître vos sentiments, de les nommer et de les examiner. Pour arriver à comprendre ce que vous ressentez présentement, essayez de compléter chacune des phrases ci-dessous.

À l’idée de devenir mère, je me sens …

parce que …

À l’idée de faire les arrangements en vue d’une adoption, je me sens …

parce que …

À l’idée d’avoir un avortement, je me sens …

parce que …

Maintenant que vous avez examiné vos choix et clarifié vos sentiments et vos valeurs concernant les choix qui s’offrent à vous, vous pourriez être prête à prendre une décision. Vu que vous avez probablement des sentiments contradictoires au sujet de chaque choix, vous pourriez conclure que toute décision, quelle qu’elle soit, n’est pas la «décision idéale». Il est normal de continuer de se sentir partagée à ce sujet.

Même sans savoir à quel stade de grossesse vous en êtes, nous devons souligner l’importance de prendre bientôt une décision. Si vous décidez de poursuivre la grossesse, il est important d’entreprendre tôt les soins prénataux de façon à garantir votre propre santé et celle de votre bébé. Si vous décidez en faveur de l’avortement, plus celui-ci sera effectué tôt, moins les risques seront grands.

Personne ne peut prédire l’avenir. Nul ne peut être sûr des conséquences que tel ou tel choix implique. Ce que vous pouvez faire, toutefois, c’est d’examiner soigneusement vos plans, vos valeurs et vos sentiments, puis de prendre la meilleure décision possible à ce moment-là.

En plus de vous présenter pour un examen de suivi et de suivre consciencieusement les autres conseils que vous donne la personne responsable de votre avortement, peut-être serait-il indiqué d’examiner vos besoins émotifs.

Le sentiment le plus souvent éprouvé après un avortement est le soulagement. Certaines femmes éprouvent du chagrin, même si elles savent avoir pris la bonne décision. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’éprouver du chagrin. Les sentiments sont réels et vous devriez vous accorder la permission de les ressentir.

Si vous avez besoin d’aide pour faire face à vos émotions, la plupart des cliniques membres de la NAF offrent le counseling post-avortement, sinon elles peuvent vous adresser à un service de counseling dans votre communauté.

Les groupes opposés à l’avortement soutiennent qu’il existe un trouble appelé «Syndrome du stress post-avortement», qu’ils assimilent au syndrome du stress post-traumatique. Ce n’est pas là cependant un véritable trouble psychologique reconnu par la American Psychological Association.

 

L’avortement

Choisir d’avorter, c’est choisir d’interrompre délibérément la grossesse. Il est important d’examiner à fond toutes vos options avant de prendre cette décision. Selon le stade de votre grossesse, vous aurez le choix entre diverses méthodes d’avortement.

Une fois établi le fait que vous êtes enceinte, il est important de savoir depuis combien de temps. En effet, cela aura une incidence sur les options qui s’offrent à vous, vu que certaines méthodes d’avortement ne sont disponibles qu’à certains stades de la grossesse. Cela vous permettra également de savoir combien de temps vous avez pour prendre votre décision.

Les professionnels de la santé mesurent généralement l’âge de la grossesse selon la période écoulée depuis le premier jour du dernier cycle menstruel (date des dernières menstruations ou DDM). Dans une clinique, on pourrait établir l’âge de votre grossesse par l’échographie ou l’examen physique.

How Far Along Am I? form goes here.

Il y a deux façons de trouver un pourvoyeur membre de la NAF. La carte des pourvoyeurs vous permet de mettre en lumière les cliniques de votre région, alors que la Ligne d’Assistance de la NAF 1-800-772-9100 dirige les personnes qui appellent vers les cliniques membres, tout en leur fournissant des renseignements et d’autres ressources. http://prochoice.org/think-youre-pregnant/find-a-provider/
Vous devrez prendre rendez-vous avec un pourvoyeur, organiser votre déplacement et faire les arrangements financiers nécessaires. Au Canada, les frais relatifs à l’avortement sont couverts par le régime public d’assurance-maladie, mais vous pourriez avoir à payer certaines fournitures médicales. Aux États-Unis, le régime Medicaid de votre état pourrait couvrir les frais d’avortement. La clinique vous informera des frais au moment de votre appel ou de votre évaluation. Bien que les choix qui s’offrent à une femme en matière d’avortement dépendent de ses circonstances et de ses préférences personnelles, des renseignements généraux sur les différents types d’avortement chirurgical ou médical pourraient vous aider à prendre votre décision.
Si vous êtes à la charge de vos parents, vous devez décider si vous souhaitez leur accorder un rôle dans la décision d’interrompre ou non votre grossesse. Au Canada, aucune loi ne limite le droit d’une jeune femme à l’avortement. Vous n’avez donc pas à obtenir le consentement de vos parents. Vous pouvez prendre rendez-vous avec la clinique ou le médecin et il ne leur est pas permis d’en avertir vos parents. Même si vos parents appelaient le médecin pour obtenir des renseignements à votre sujet, le médecin n’aurait pas le droit de leur dire quoi que ce soit sans votre consentement.

Aux États-Unis, les lois de l’état où vous vivez pourraient obliger le pourvoyeur du service d’avortement à aviser vos parents, ou l’un d’entre eux, ou à obtenir leur consentement avant d’effectuer l’avortement. Presque toutes les lois exigeant la notification des parents et leur consentement comportent des dispositions permettant le recours aux tribunaux. Cela veut dire que si vous ne jugez pas possible de mêler vos parents à votre décision, vous pouvez demander à un juge de vous permettre de procéder à l’avortement. Renseignements additionnels sur les lois en vigueur dans les états américains exigeant la participation parentale (en anglais).

Si vous décidez de mettre fin à votre grossesse et que neuf semaines ou moins se sont écoulées depuis vos dernières règles, il pourrait vous être possible d’avoir recours à l’avortement médical. Dans d’autres cas, l’avortement chirurgical est plus approprié. Cette page vous aidera à décider quelle option est la meilleure pour vous.

L’avortement chirurgical

L’avortement chirurgical est un moyen sûr et efficace de mettre fin à une grossesse. Durant les 14 premières semaines de la grossesse, l’avortement chirurgical est généralement effectué à l’aide d’une technique appelée «aspiration à vide». Cela veut dire qu’une pompe (mécanique ou manuelle) est utilisée pour aspirer le contenu de l’utérus par le col (ouverture) de celui-ci. L’intervention est très brève, ne durant que de 5 à 15 minutes. Quant à ce que ressent la femme lors d’un avortement chirurgical, les réactions varient, mais beaucoup de femmes disent que la sensation est «inconfortable mais tolérable». La plupart retournent à leurs occupations quotidiennes le lendemain de l’opération. 

Avortement médical

L’avortement médical est lui aussi une méthode sûre et efficace d’avortement tôt dans la grossesse. Généralement, l’avortement médical n’est utilisé que durant les 7 à 9 premières semaines de la grossesse. Deux médicaments sont utilisés pour mettre fin à la grossesse. Le premier (soit le mifépristone ou le méthotrexate) affaiblit le lien entre le contenu de l’utérus et sa paroi. Le deuxième (misoprostol) fait contracter et saigner l’utérus, causant l’expulsion du contenu. Pour en savoir plus (en anglais)

Avortement chirurgical ou médical: données comparatives

Avortement chirurgical

Haut taux de réussite (environ 99%)

Des instruments sont insérés dans l’utérus

Peut être effectué en une seule visite

Dure de 5 à 15 minutes

Peut être utilisé tôt dans la grossesse

L’anesthésie ou la sédation peut être utilisée

L’opération est effectuée dans un bureau médical, une clinique ou un hôpital

L’opération est effectuée par un pourvoyeur de soins de santé

Avortement médical

Haut taux de réussite (de 95 à 98% environ; l’action du méthotrexate causant l’avortement pourrait s’étendre sur jusqu’à 3 semaines)

Rend généralement  l’intervention chirurgicale non nécessaire

Exige au moins deux visites

Chez la plupart des femmes, l’avortement se produit dans les 24 heures suivant l’administration du second médicament

Ne peut être utilisé que tôt dans la grossesse

Un médicament contre la douleur peut être utilisé pour soulager les crampes

Le processus se déroule en partie à la maison

Les médicaments déclenchent un processus semblable à une fausse couche

 

La ligne d’assistance de la NAF

La Ligne d’Assistance de la NAF est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions sur l’avortement, la grossesse non désirée et les questions connexes. Le service est gratuit, entièrement anonyme et s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur situation particulière.

Appelez sans frais le 1-800-772-9100
Semaine: 08h00-21h00, heure de l’est
Samedi: 09h00-17h00

La Ligne d’Assistance de la NAF est la source d’information sans frais en matière d’avortement au Canada et aux États-Unis. Nous offrons aux personnes qui appellent des renseignements impartiaux et factuels sur l’avortement en anglais, en français et en espagnol. Nous recevons chaque mois environ 3,000 appels de la part de femmes, de leurs partenaires, de leurs familles et de leurs amis. La ligne d’assistance offre ce qui suit:

  • Des renseignements factuels sur la grossesse et l’avortement
  • Un soutien confidentiel et dénué de jugement
  • Des renvois à des pourvoyeurs d’avortement dans votre région
  • Des renvois à des sources de financement
  • Une explication des contraintes imposées par un grand nombre d’états américains en matière d’avortement
  • La gestion de cas pour les femmes en situation difficile

Les personnes qui appellent la ligne d’assistance proviennent de milieux divers et leur situation varie. Nous sommes là pour offrir notre assistance et nos ressources parce que nous croyons que toutes les femmes devraient être traitées avec dignité et bénéficier du respect que mérite leur situation particulière.

La Ligne d’Assistance de la NAF a été établie en 1979 afin de permettre aux femmes d’avoir accès à des renseignements impartiaux et de les aider ainsi à faire des choix qui servent au mieux leurs intérêts. Par l’entremise de la Ligne d’Assistance, les femmes ont également accès aux pourvoyeurs et aux cliniques d’avortement membres de la NAF, qui offrent des services d’avortement sûrs et de haute qualité.
«Francine» est une étudiante de 18 ans originaire d’une petite ville située près de North Bay, en Ontario. Alors qu’elle se remettait d’un vilain mal de gorge, elle a réalisé qu’elle était enceinte. Personne ne lui avait dit que les antibiotiques qu’elle prenait entreraient en conflit avec ses médicaments anticonceptionnels. Francine savait qu’un avortement effectué à la clinique de Toronto serait couvert par l’assurance-maladie, mais elle n’avait aucun moyen de s’y rendre. Elle craignait de dire à ses parents qu’elle était enceinte, sachant qu’ils le prendraient plutôt mal. Après plusieurs appels à la ligne d’assistance de la NAF, et après avoir soupesé divers plans, elle a décidé que sa meilleure option était de se confier à sa mère. Quand elle a rappelé le lendemain, Francine était très soulagée. Elle s’était confiée à sa mère et, bien que celle-ci ait été peinée, elle s’était montrée disposée à soutenir la décision de Francine et à la conduire à la clinique. Francine nous a appelé après son retour de Toronto et a remercié le personnel de la ligne d’assistance de ses bons conseils, ajoutant que l’avortement s’était déroulé sans accroc.

Quand «Gwen», une résidente de la Colombie-Britannique, a appelé la ligne d’assistance de la NAF, elle relevait d’un séjour de deux jours à l’hôpital. Âgée de 46 ans, Gwen avait tenté de se faire avorter en buvant de copieuses quantités d’huile de ricin. Cela n’ayant pas produit le résultat désiré, elle s’était jeté tête première dans l’escalier. Elle ne s’était infligé que des blessures mineures, mais disait regretter de ne pas avoir réussi à se tuer. Tout vaudrait mieux que de mener la grossesse à terme, croyait-elle. Elle se sentait coupable et isolée parce que, comme elle le disait, «Je suis d’âge d’être grand-mère, non pas d’avoir moi-même un bébé»! Honteuse de son état, Gwen ne croyait pas possible de se rendre dans une clinique. La préposée à la ligne d’assistance avec qui Gwen a parlé l’a rassurée, lui disant que le personnel de la clinique était là pour l’aider et ne la jugerait pas. Après une longue conversation remplie d’émotion, Gwen a décidé d’appeler la clinique membre de la NAF de sa localité.

La NAF aimerait que vous lui fassiez part de votre expérience et que vous expliquiez pourquoi vous êtes pro-choix.

À l’âge de 45 ans, plus d’un tiers des femmes en âge d’avoir des enfants ont subi un avortement. Faites entendre votre voix! Il est essentiel de joindre votre voix à la lutte destinée à garantir que les femmes sont traitées avec justice et ont accès à des services d’avortement sûrs et légaux.

Ni votre nom ni votre adresse de courriel ne seront mentionnés si nous publions votre récit sur notre site Internet.

Si vous aimeriez participer à notre Partenariat de patients (Patient Partnership), veuillez nous donner votre nom au complet et votre adresse de courriel.

  • This field is for validation purposes and should be left unchanged.

 

Données sur l’avortement

La grossesse non intentionnelle

Près de la moitié des grossesses qui surviennent chaque année aux États-Unis ne sont pas intentionnelles.1 Environ la moitié de ces grossesses non prévues, soit 1.3 million par année (24%), se terminent par l’avortement.1,2

En 2003, 103,768 avortements ont été pratiqués au Canada, où 23% des grossesses se terminent par l’avortement.3,4

Il existe un grand nombre de mythes et d’idées fausses concernant l’identité et les motifs des femmes qui se font avorter. La réalité est que les femmes qui choisissent l’avortement ont des antécédents divers en ce qui a trait à la race, l’origine ethnique, le niveau socio-économique et la religion. Si le taux actuel se maintient, estime-t-on, 35% des femmes qui sont aujourd’hui en âge d’avoir des enfants aux États-Unis auront subi un avortement quand elles auront atteint l’âge de 45 ans.5 On estime que 28% des femmes canadiennes choisiront l’avortement à un moment ou à l’autre de leur vie.6

Mesure de la fréquence de l’avortement

La fréquence de l’avortement peut être calculée de deux façons. La première consiste à compter simplement le nombre total d’avortements obtenus par les femmes appartenant à certaines catégories. Les chiffres obtenus de cette façon sont généralement exprimés comme unpourcentage du nombre total d’avortements pratiqués dans une année donnée. Par ailleurs, le taux d’avortement indique le nombre de femmes sur 1,000 qui ont obtenu un avortement dans chacune des catégories.

Âge

Aux États-Unis, 19% des avortements sont pratiqués sur des femmes dont l’âge se situe entre 15 et 19 ans; 33% sur des femmes âgées de 20 à 24 ans, et environ 25% sur des femmes âgées de 30 ans et plus.7 Quant au taux d’avortement selon l’âge, les adolescentes plus âgées et les jeunes adultes ont le taux le plus élevé, alors que les moins de 15 ans et les plus de 35 ont le plus faible.7

Au Canada en 2003, 53% des avortements ont été pratiqués sur des femmes dans la vingtaine. En moyenne, 26 femmes dans la vingtaine sur 1,000 ont obtenu un avortement. Le taux d’avortement chez les adolescentes décroît depuis plusieurs années; en 2003, il était de 14.5 sur 1,000.

Âge de la grossesse

Aux États-Unis, la plupart des avortements (88%) sont pratiqués dans le premier trimestre de la grossesse. De fait, plus de la moitié des avortements sont pratiqués dans les 8 premières semaines, moins de 2% à la 21e semaine ou après.8 Au Canada, 89% des avortements sont pratiqués avant la 12e semaine et 47% avant la 9e.9

Scolarité, résidence et revenu

(Note: Au Canada, aucune donnée n’est recueillie concernant le niveau de scolarité, l’état matrimonial et l’appartenance religieuse.)

Parmi les femmes ayant obtenu un avortement aux États-Unis en 2000:

  • 57% avaient une scolarité de niveau collégial au moins partielle;
  • 88% provenaient de milieux métropolitains; et
  • 57% étaient à faible revenu.7

État matrimonial

La plupart des femmes qui obtiennent un avortement aux États-Unis (83%) ne sont pas mariées; 67% n’ont jamais été mariées et 16% sont séparées, divorcées ou veuves.7 Les femmes mariées sont beaucoup moins susceptibles que les femmes non mariées de recourir à l’avortement pour résoudre le problème d’une grossesse non intentionnelle.10

Religion

Toutes les appartenances religieuses sont représentées parmi les femmes qui obtiennent un avortement aux États-Unis: 13% disent se considérer comme des «chrétiennes régénérées» ou «chrétiennes évangéliques»7; alors que 22% des femmes américaines sont catholiques,11 27% des femmes qui obtiennent un avortement sont catholiques.1

MYTHE: Les femmes utilisent l’avortement comme un moyen de contraception.

En fait, la moitié des femmes qui obtiennent un avortement indiquent avoir utilisé un moyen de contraception durant le mois où elles sont devenues enceintes.1 Certains des couples concernés avaient mal utilisé la méthode, alors que d’autres avaient oublié ou négligé de l’utiliser lors de l’occasion qui a mené à la grossesse; dans d’autres cas encore, la méthode de contraception avait échoué. Aucune méthode de contraception n’est fiable à 100%.

Si l’avortement étiait utilisé comme principale méthode de contraception, les femmes auraient en moyenne deux ou trois grossesses par année, soit 30 ou plus durant leur vie. En réalité, quand une femme a un avortement, il s’agit le plus souvent du premier qu’elle ait jamais eu (52%) ou seulement du deuxième (26%).9 Si l’on considère que la période de fertilité d’une femme s’étend généralement sur 30 ans et qu’aucune méthode de contraception n’est totalement efficace, la probabilité d’avoir une ou deux grossesses non intentionnelles est très élevée.

MYTHE: Les femmes choisissent l’avortement pour des motifs égoïstes ou frivoles.

La décision d’avoir un avortement est rarement dépourvue de complexité. Pour la plupart des femmes, la décision repose sur plusieurs facteurs, dont le plus répandu est le manque d’argent et/ou l’incapacité présente de fonder une famille ou d’y ajouter en raison de responsabilités existantes. Pour beaucoup d’elles, la ligne de conduite la plus responsable est d’attendre que leur situation se prête mieux aux obligations qu’implique l’état de parent; 66% d’entre elles envisagent d’avoir des enfants plus tard dans la vie quand leur situation financière sera telle qu’elles pourront subvenir aux besoins d’une famille et/ou quand elles auront établi une relation stable avec un partenaire, ceci de façon à ce que leurs enfants puissent bénéficier du soutien de deux parents.12Pour d’autres, la grossesse était intentionnelle, mais des problèmes médicaux se sont présentés, le foetus s’est révélé avoir des anomalies graves, ou bien encore une crise personnelle d’un autre type est survenue. Chaque année, environ 13,000 femmes ont un avortement parce que leur grossesse résulte d’un viol ou de rapports incestueux.1

MYTHE: Les femmes sont souvent forcées d’avoir un avortement dont elles ne veulent pas.

Certaines femmes disent que les pressions exercées par un mari, un partenaire ou un parent sont parmi les raisons qui les ont poussées à choisir l’avortement, mais 1% seulement environ disent que ce facteur a joué le rôle «le plus important» dans leur décision.13 Par contre, certaines femmes qui ne veulent pas poursuivre leur grossesse subissent des pressions de la part de la part de membres de leur famille ou d’amis, ou encore de la part d’un contexte social dont elles craignent la réprobation. Le counseling préalable au choix a pour objet d’établir si la femme est entièrement à l’aise avec sa décision d’obtenir un avortement et, si elle ne l’est pas, de l’inciter à attendre jusqu’à ce qu’elle ait considéré plus à fond toutes ses options.

MYTHE: Beaucoup de femmes en viennent à regretter leur choix.

Les études indiquent que l’émotion la plus souvent ressentie après un avortement est le soulagement et que le désarroi psychologique est à son maximum avant, plutôt qu’après, l’avortement.

Il ne fait aucun doute que, en rétrospective, certaines femmes souhaiteraient avoir fait un autre choix et que la plupart auraient préféré ne pas devenir enceintes alors que le moment n’était pas opportun pour elles. Quand une grossesse désirée est interrompue (pour des raisons médicales, par exemple), la femme peut avoir des sentiments de deuil et de chagrin. Comme c’est le cas pour toute décision impliquant la perte de quelque chose, une crise qui se produit plus tard dans la vie peut ramener à la surface le sentiment de tristesse qui a accompagné l’avortement. Les femmes qui risquent de ne pas bien réagir à la suite d’un avortement sont celles qui n’ont pas le soutien dont elles ont besoin, ou dont la décision de se faire avorter a été opposée par des personnes qui sont importantes pour elles.14 

Références

  1. Guttmacher Institute. Facts in Brief – Induced Abortion. 2003. www.agi-usa.org/pubs/fb_induced_abortion.html
  2. Finer LB, Henshaw SK. Abortion incidence and services in the United States in 2000.Perspectives on Sexual and Reproductive Health 2003; 35: 6-15.
  3. The Daily. Friday, February 11, 2006. Induced Abortion. Statistics Canada.
  4. Pregnancy Outcomes. Catalogue 82-224-XWE May 25, 2005. Statistics Canada, Ottawa.
  5. Guttmacher Institute. State Facts About Abortion. 2003. www.agi-usa.org/pubs/sfaa.html
  6. Norman, W. Lifetime proportion of Canadian women having an abortion: Analysis of the first full cohort with access to legal abortion, NAF Conference, New Orleans 2004.
  7. Jones RK, Darroch JE, Henshaw SK. Patterns in the socioeconomic characteristics of women obtaining abortions in 2000-2001. Perspectives on Sexual and Reproductive Health 2002; 34: 226-235.
  8. Elam-Evans LD, Strauss LT, Herndon J, Parker WY, Whitehead S, Berg CJ. Abortion surveillance-United States, 1999. Morbidity Mortality Weekly Report 2002; 51 (SS09): 1-28. www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/ss5109a1.htm
  9. Statistics Canada Abortion Report, 2005
  10. Henshaw SK. Unintended pregnancy in the United States. Family Planning Perspectives1998; 30(1): 24-29 & 46.
  11. Personal communication, Archdiocese of Washington (based on statistics in the 2003 edition of The Kennedy Directory: The Official Catholic Directory).
  12. Henshaw SK, Kost K. Abortion patients in 1994-1995: Characteristics and contraceptive use. Family Planning Perspectives 1996; 28(4): 140-147 &158.
  13. Torres A, Forrest JD. Why do women have abortions? Family Planning Perspectives 1988; 20(4): 169-176.
  14. Psychological Responses Following Abortion. Reproductive Choice and Abortion: A Resource Packet. Washington, DC: American Pyschological Association, 1990.

Les statistiques contenues dans cette fiche de renseignements sont fondées sur des études menées par le Guttmacher Institute et d’autres membres de la Fédération nationale de l’avortement.

Pour information additionelle

Pour obtenir des renseignements ou être adressée à des pourvoyeurs d’avortement qualifiés, appelez la ligne d’assistance sans frais de la Fédération nationale de l’avortement: 1-800-772-9100.
Semaine: 08h00-21h00
Samedi: 09h00-17h00, heure de l’est.

National Abortion Federation – Fédération nationale de l’avortement
P.O. Box 42065
Victoria, BC V8R 1T2
250-598-1858
250-598-1859 fax
canada@prochoice.org

National Abortion Federation
1090 Vermont Avenue, NW, Suite 1000
Washington, DC 20005
202-667-5881

Rédaction: Susan Dudley, PhD
Copyright© 1996, National Abortion Federation
Révision 2006

L’avortement chirurgical est l’une des interventions médicales les plus sûres. Les complications résultant d’un avortement du premier trimestre sont beaucoup moins fréquentes et moins graves que celles résultant d’un accouchement.

L’avortement illégal comporte de grands risques

L’avortement n’a pas toujours été aussi dépourvu de risques. Depuis 1988, aucune loi ne restreint le droit à l’avortement au Canada. Donc, Canada est une des pays sans une loi d’avortement. Avant ça, plusieurs femmes avaient des problèmes médicaux parce ce que était difficile d’obtenir une avortement légale. Entre la décennie 1880 et l’année 1973, l’avortement était aussi illégal dans la plupart des états américains.

Conséquemment, un grand nombre de femmes mouraient ou subissaient de graves problèmes médicaux. Les femmes faisaient souvent des efforts désespérés et dangereux pour se faire avorter, ou s’en remettaient à des avorteuses sans formation qui effectuaient l’avortement avec des instruments primitifs et dans des conditions déplorables d’hygiène. Les femmes aboutissaient souvent dans les services d’urgence, présentant de sérieuses complications comme la perforation de l’utérus, la rétention du placenta, l’hémorragie, les lésions du col utérin, l’infection persistante, l’empoisonnement, le choc et la gangrène.

Dans les pays du monde où l’avortement est illégal, ces complications continuent d’être une cause importante de mortalité maternelle. On estime que, dans l’ensemble du monde, 68,000 femmes meurent chaque année par suite d’avortements pratiqués dans des conditions peu sûres.1 Un grand nombre de médecins qui pratiquent l’avortement aujourd’hui au Canada et aux États-Unis sont déterminés à offrir ce service dans des conditions sûres du point de vue médical parce qu’elles/ils se rappellent les cas tragiques de femmes se présentant à l’hôpital après un avortement illégal gâché.

Évaluation du risque de complications

Depuis le rétablissement de la légalité de l’avortement au Canada en 1988 et aux États-Unis par le jugement de cour Roe v. Wade en 1973, les femmes ont bénéficié de progrès marqués en matière de techniques médicales, aussi bien que d’un meilleur accès à des services d’avortement de haute qualité.2 Généralement, plus l’avortement est effectué tôt, moins il présente de difficultés et de risques.

Il est très rare d’observer des complications graves à la suite d’un avortement chirurgical effectué avant la 13e semaine de grossesse. Environ 88% des femmes qui obtiennent un avortement sont enceintes de moins de 13 semaines.3 De ces femmes, 97% n’auraient aucune complication; 2.5% ont des complications mineures qui peuvent être traitée en clinique médicale ou dans l’établissement où l’avortement a été pratiqué; et moins de 0.5% ont des complications plus graves exigeant une intervention supplémentaire et/ou l’hospitalisation.4 La fréquence des complications est quelque peu plus élevée pour l’avortement effectué entre la 13e et la 24esemaine. L’anesthésie générale, parfois utilisée pour l’avortement chirurgical, présente ses propres risques.

Outre l’âge de la grossesse, on compte les facteurs suivants parmi ceux susceptibles d’influencer la probabilité de complications:

  • le type d’anesthésie utilisé;
  • l’état de santé général de la femme;
  • la méthode d’avortement utilisée;
  • la compétence et la formation du pourvoyeur.

Complications de l’avortement légal

Les études les plus étendues et les plus exhaustives des complications de l’avortement remontent aux années 1970, alors que les techniques modernes d’avortement étaient encore en voie d’élaboration. Les experts s’accordent pour dire que, vu les progrès réalisés depuis en matière de techniques d’avortement et de leur utilisation, le taux de complications est presque certainement moindre aujourd’hui.5,6 Aussi rares qu’elles soient, les complications suivantes sont au nombre de celles qui peuvent se produire après un avortement chirurgical:

  • l’accumulation de caillots sanguins dans l’utérus, exigeant une intervention supplémentaire pour les aspirer; elle se produit dans moins de 0.2% des cas7;
  • les infections, dont la plupart sont facilement identifiées et traitées si la femme observe les directives de suivi; selon les études menées en Amérique du Nord, elles se produiraient dans 0.1% à 2.0% des cas7;
  • la déchirure du col utérin, qui peut être réparée avec des points de suture; elle se produit dans 0.6% à 1.2% des cas8;
  • la perforation (par percement ou déchirure) de la paroi utérine et/ou d’autres organes; elle se produit dans moins de 0.4% des cas.6,7 La guérison peut être spontanée ou exiger la réparation chirurgicale; parfois, mais rarement, l’hystérectomie est nécessaire;
  • l’avortement manqué, qui ne met pas fin à la grossesse et exige une reprise de l’intervention; il se produit dans moins de 0.3% des cas7;
  • l’avortement incomplet, l’utérus retenant une partie de son contenu et une intervention supplémentaire étant nécessaire pour l’aspirer; il se produit dans 0.3% à 2.0% des cas7;
  • saignement excessif exigeant la transfusion sanguine; il se produit dans 0.02% à 0.3% des cas.6,8

Le taux de décès pour l’ensemble des avortements légaux est de 0.0006%, soit un cas sur 160,000. Ces rares cas de décès résultent généralement de facteurs tels qu’une réaction défavorable à l’anesthésie, une embolie, une infection ou une hémorragie incontrôlable.7 Le risque de mourir durant la grossesse ou l’accouchement est dix fois supérieur.5

Symptômes d’une complication post-avortement

Si une femme a l’un des symptômes suivants après un avortement chirurgical, elle devrait communiquer immédiatement avec l’établissement où elle a subi l’intervention pour obtenir des soins de suivi7:

  • douleur intense ou persistante;
  • frissons ou fièvre accompagnée d’une température buccale de 100.4° ou plus;
  • perte sanguine qui est deux fois celle des règles normales ou qui traverse plus d’une serviette sanitaire à l’heure, deux heures d’affilée;
  • écoulement nauséabond au niveau du vagin;
  • symptômes indiquant que la grossesse se poursuit.

Les médecins et les cliniques qui offrent des services d’avortement devraient donner à leurs patientes un numéro à appeler 24 heures sur 24 en cas de complications ou de réactions.

Prévention des complications

Une femme peut réduire son risque de complications. Ainsi, elle peut obtenir un avortement tôt dans sa grossesse. Généralement, plus l’avortement est pratiqué tôt, moins il présente de risques.

Il est important aussi de poser des questions. En règle générale, comme c’est le cas pour toute intervention médicale, plus la personne est détendue et plus elle sait à quoi s’attendre, plus l’expérience sera dépourvue de difficultés et de risques.

En outre, toute femme qui choisit l’avortement devrait:

  • trouver une bonne clinique ou un(e) praticienne/praticien qualifié(e) et autorisé(e). Pour une recommandation, appelez la ligne d’assistance de la NAF (1-800-772-9100) ou trouvez un pourvoyeur en ligne;
  • informer la praticienne/le praticien de tout problème de santé que vous pourriez avoir, de tout médicament ou drogue illicite que vous prenez, de toute allergie aux médicaments ou aux anesthésiques, et ainsi de suite;
  • suivre les directives post-opératoires;
  • revenir pour un examen de suivi.

Propagande anti-avortement

Les activistes opposés à l’avortement soutiennent que le fait d’avoir un avortement accroît le risque de cancer du sein et met en danger la capacité future d’avoir des enfants. Ils soutiennent que les femmes qui ont eu un avortement, même dépourvu de complications, sont plus susceptibles d’avoir de la difficulté à concevoir ou à mener une grossesse à terme, d’avoir une grossesse ectopique (en dehors de l’utérus), d’avoir un bébé mort-né, ou de devenir stériles. Toutefois, ces prétentions ont été réfutées par un grand nombre d’études médicales. En février 2003, le National Cancer Institute réunissait un groupe d’experts en vue d’évaluer les données scientifiques. Le groupe concluait que des études avaient clairement établi que «l’avortement provoqué n’est pas associé à une augmentation du risque de cancer du sein.»9 Qui plus est, des examens exhaustifs des données ont mené à la conclusion que l’intervention d’aspiration par le vide durant le premier trimestre ne pose pratiquement aucun risque pour la santé génésique future.10 Voir (en anglais) Abortion Myths: Abortion and Breast Cancer.

Les sentiments de la femme après un avortement

Les femmes peuvent avoir diverses raisons de choisir l’avortement, mais en général elles le font parce le moment n’est pas opportun pour elles de mener une grossesse à terme. Une telle situation peut causer un grand désarroi et, bien que l’avortement soit peut-être le meilleur choix possible, les circonstances qui entourent la grossesse non désirée peuvent continuer d’être une source de chagrin.

Certaines femmes pourraient trouver utile de parler de leurs sentiments avec un membre de leur famille, une amie ou une conseillère. Un sentiment de tristesse ou de déception résultant, par exemple, d’un manque de soutien de la part d’un époux ou d’un partenaire, ne devrait pas être interprété à tort comme du regret au sujet de l’avortement. Les femmes qui ressentent de la culpabilité ou de la tristesse après un avortement disent généralement pouvoir maîtriser leurs sentiments.

L’American Psychological Association a conclu qu’il n’existe pas d’indications ou de preuves scientifiques de l’existence d’un supposé «syndrome post-avortement», qui serait caractérisé par un traumatisme psychologique ou une profonde dépression. Le sentiment le plus souvent exprimé par les femmes après avoir mis fin à une grossesse non désirée est le soulagement et la majorité se disent convaincues d’avoir pris la bonne décision. Voir (en anglais) Abortion Myths: Post-Abortion Syndrome.

Références

  1. The World Health Report 2005 – Make every mother and child count. Geneva, Switzerland: Organisation mondiale de la santé, 2005.
  2. AMA Council Report. Induced Termination of Pregnancy Before and After Roe v. Wade.Journal of the American Medical Association, 1992, 268: 3231.
  3. Elam-Evans LD, Strauss LT, Herndon J, Parker WY, Whitehead S, Berg CJ. Abortion Surveillance-United States, 1999. Morbidity and Mortality Weekly Report 2002; 51 (SS09): 1-28.
  4. Tietze C, Henshaw SK. Induced abortion: A worldwide review, 1986. Third edition. New York: Guttmacher Institute, 1996.
  5. Henshaw SK. Unintended pregnancy and abortion: A public health perspective. In Paul M, Lichtenberg ES, Borgatta L, Grimes DA, Stubblefield PG. A Clinician’s Guide to Medical and Surgical Abortion. New York: Churchill Livingstone, 1999, pp. 11-22.
  6. Haskell WM, Easterling TR, Lichtenberg ES. Surgical Abortion after the first trimester. In Paul M, Lichtenberg ES, Borgatta L, Grimes DA, Stubblefield PG. A Clinician’s Guide to Medical and Surgical Abortion. New York: Churchill Livingstone, 1999, pp. 123-138.
  7. Lichtenberg ES, Grimes DA, Paul M. Abortion complications: Prevention and management. In Paul M, Lichtenberg ES, Borgatta L. Grimes DA, Stubblefield PG. A Clinician’s Guide to Medical and Surgical Abortion. New York: Churchill Livingstone, 1999, pp. 197-216.
  8. Hern WM. Abortion Practice. Philadelphia: J.B. Lippincott Company, 1990.
  9. Summary Report: Early Reproductive Events and Breast Cancer Workshop, National Cancer Institute, www.nci.nih.gov/cancerinfo/ere-workshop-report
  10. Rowland Hogue CJ, Boardman LA, Stotland NL, Peipert JF. Answering questions about long-term outcomes. In Paul M, Lichtenberg ES, Borgatta L, Grimes DA, Stubblefield PG. A Clinician’s Guide to Medical and Surgical Abortion. New York: Churchill Livingstone, 1999, pp. 217-228.

Pour information additionelle

Pour obtenir des renseignements ou être adressée à des pourvoyeurs d’avortement qualifiés, appelez la ligne d’assistance sans frais de la Fédération nationale de l’avortement: 1-800-772-9100.
Semaine: 08h00-21h00
Samedi: 09h00-17h00, heure de l’est.

National Abortion Federation – Fédération nationale de l’avortement
P.O. Box 42065
Victoria, BC V8R 1T2
250-598-1858
250-598-1859 fax
canada@prochoice.org

National Abortion Federation
1090 Vermont Avenue, NW, Suite 1000
Washington, DC 20005
202-667-5881
Rédaction: Susan Dudley, PhD
Copyright© 1996, National Abortion Federation
Révision 2003.

Un grand nombre de personnes souhaitent explorer la question des effets de l’avortement sur la santé émotionnelle des femmes. Des centaines d’études ont été menées à ce sujet depuis la fin des années 1970. Malheureusement, les résultats d’un grand nombre de ces études prêtent à confusion. Néanmoins, selon l’opinion majoritaire des tenants de la médecine traditionnelle, notamment l’American Psychological Association, le «syndrome post-avortement» n’existe pas.

La recherche scientifique en résumé

Depuis le début des années 1980, des groupes opposés à l’avortement tentent d’établir l’existence d’un «syndrome post-avortement» dont les symptômes rappelleraient ceux du syndrome du stress post-traumatique (SSPT) manifesté par certains vétérans de conflits armés. En 1989, l’American Psychological Association (APA) réunissait un groupe de psychologues possédant une expérience approfondie de la question en vue d’examiner les données. Leur compte rendu indiquait que les études conformes aux critères scientifiques les plus rigoureux n’avaient trouvé aucune trace d’un «syndrome post-avortement» et que, au surcroît, aucun syndrome de cette sorte n’était scientifiquement ou médicalement reconnu.1

Le groupe d’experts concluait que «des études effectuées avec divers échantillons, différentes mesures de réaction et différentes périodes d’évaluation avaient toutes mené à des conclusions similaires. La période où le désarroi est à son comble est généralement celle qui précède l’avortement. Il est rare d’observer des réactions négatives de forte intensité après l’avortement. Celles qui se produisent s’interprètent au mieux dans le contexte des réactions normales aux pressions de la vie quotidienne.»2 Bien que certaines femmes aient des sentiments de regret, de tristesse ou de culpabilité après un avortement, la réaction de loin la plus fréquente en est une de soulagement et de contentement.3

Dans le cadre d’une autre étude, les chercheurs ont étudié un échantillon national de 5,295 femmes. Ces femmes n’avaient pas toutes subi un avortement et un grand nombre avaient eu un avortement entre 1979 et 1987, la période de leur participation à l’étude. Les chercheurs ont pu se renseigner sur la santé émotionnelle des femmes avant et après leur avortement.. Au terme des huit ans de l’étude, ils ont conclu que le facteur le plus susceptible de prédire la santé émotionnelle d’une femme après un avortement était sa santé émotionnelle avant l’avortement. Les femmes qui avaient un haut degré d’amour-propre avant l’avortement étaient les plus susceptibles d’avoir un haut degré d’amour-propre après, peu importe le nombre d’années qui s’étaient écoulées depuis.4

Il importe aussi de comparer les réactions psychologiques à l’avortement aux effets des autres possibilités de résolution du problème d’une grossesse non désirée (faire adopter le bébé ou assumer le rôle de parent). Il existe peu d’études scientifiques sur les effets psychologiques de l’adoption, mais les chercheurs estiment probable «que les effets psychologiques de l’adoption sont plus prononcés que ceux de l’avortement parce qu’ils reflètent différents types de stress. Le stress associé à l’avortement est transitoire, alors que celui de l’adoption, tout comme celui d’une grossesse non désirée menée à terme, pourrait se perpétuer dans le temps pour les femmes qui continuent de se faire des soucis au sujet du sort de l’enfant.»5

Ce que disent les experts

Dans un commentaire paru dans le Journal of the American Medical Association, Nada Stotland, M.D., ancienne présidente de l’Association of Women Psychiatrists, déclarait:

«Ainsi qu’en font foi de nombreuses études prospectives bien conçues menées aux États-Unis et en Europe, il est rare d’observer des séquelles psychiatriques importantes à la suite d’un avortement. Un examen exhaustif récent de ces études confirme leur conclusion. La fréquence des cas de troubles psychiatriques nécessitant l’hospitalisation est beaucoup plus faible après l’avortement qu’après l’accouchement …Les troubles psychiatriques importants après l’avortement surviennent le plus souvent chez les femmes préalablement atteintes de troubles psychiatriques, chez celles pour qui la décision de se faire avorter était consécutive à des pressions externes subies dans ce sens et chez celles dont la situation était source d’angoisse au moment de l’avortement parce que, par exemple, elles avaient été abandonnées.»6

Henry P. David, PhD, un expert reconnu mondialement dans ce domaine de recherche, donnait le compte rendu suivant lors d’une conférence internationale.

«Les réactions psychologiques de forte intensité sont rares à la suite d’un avortement…Le nombre de cas de cette sorte est très faible et, selon l’ancien Surgeon General des États-Unis C. Everett Koop, peut être considéré comme ‘minuscule du point de vue de la santé publique’…La vaste majorité des femmes ressentiront des émotions contradictoires après un avortement, les émotions positives prédominant. Cela est vrai immédiatement après l’avortement et durant un certain temps par la suite…Les comptes rendus font état d’un tableau positif jusqu’à huit ans après l’avortement et il est donc peu probable que des réactions plus négatives se manifestent plus tard.»7

Voici les conclusions d’une étude de huit ans menée par Russo et Dabul et publiée dans la revue Professional Psychology:

«Un examen exhaustif des données, mené de façon à tenir compte de diverses variables et comprenant une comparaison entre femmes noires et femmes blanches, femmes catholiques et non catholiques, femmes ayant eu un avortement ou n’en ayant pas subi, a produit des résultats uniformes: Le fait d’avoir eu un avortement a une influence négligeable tout au plus sur la santé d’une femme, peu importe sa race ou sa religion et peu importe la période étudiée. Le principal facteur de prédiction de l’état d’esprit d’une femme après un avortement était son état d’esprit avant sa grossesse …Nos résultats sont comparables à ceux d’autres chercheurs, notamment la National Academy of Sciences (1975). La conclusion vaut donc la peine d’être répétée. Malgré l’effort concerté de certains pour convaincre le public de l’existence d’un traumatisme post-avortement qui serait répandu et de forte intensité, il n’existe aucune preuve scientifique de l’existence d’un tel traumatisme, malgré le fait qu’un avortement survient dans le contexte très angoissant d’une grossesse non désirée.»8 (italiques ajoutées)

L’effet des activités anti-choix

Russo et Dabul8 font remarquer qu’au moment des entrevues avec les participantes à l’étude, soit durant la période de 1979 à 1987, les activités anti-choix destinées à stigmatiser l’avortement n’avaient pas encore atteint une grande ampleur. Aujourd’hui, les groupes anti-choix harcèlent régulièrement le personnel des cliniques, intimident les patientes qui s’y rendent et utilisent un langage immodéré destiné à punir les femmes (p.ex. «l’avortement équivaut au meurtre», «tueuses de bébés»). En outre, on observe depuis quelques années une nouvelle stratégie de la part des groupes anti-choix, soit celle d’offrir le «counseling» aux femmes. Plutôt que de chercher à comprendre l’origine du désarroi psychologique de la femme et de lui offrir une thérapie sans préjugés, les conseillères anti-choix cherchent généralement à faire en sorte que la femme tourne sa colère vers les pourvoyeurs d’avortement, lui disant que les femmes sont mal informées au sujet du traumatisme infligé par l’avortement. Les préjugés politiques de ces conseillères et l’usage abusif qu’elles font des services d’aide psychologique font que leurs clientes se retrouvent souvent en colère et avec le sentiment d’avoir été trahies.

Russo et Dabul8 concluaient que praticiens et praticiennes devraient reconnaître les effets préjudiciables de l’ostracisme social ressenti par les candidates à l’avortement. Certaines difficultés observées après l’avortement pourraient être consécutives au manque de soutien social, vu qu’on attend des femmes qu’elles assument la majeure partie du fardeau d’une grossesse non intentionnelle planifiée et non désirée. Les chercheurs invitaient praticiens et praticiennes à continuer à fournir des renseignements justes, étant donné qu’un grand nombre de femmes sont induites en erreur par les opposants au choix, ce qui pourrait à son tour être source de difficultés si elles choisissent l’avortement. Qui plus est, les femmes qui ont des difficultés après un avortement devraient être encouragées à consulter une psychologue professionnelle ou à adhérer à un groupe de soutien supervisé par une professionnelle des soins de santé mentale, plutôt qu’à un groupe parrainé par une organisation opposée au choix.

Références

  1. American Psychological Association. “APA research review finds no evidence of ‘post-abortion syndrome’ but research studies on psychological effects of abortion inconclusive.” Press release, January 18, 1989.
  2. Adler NE, et al. “Psychological responses after abortion.” Science, April 1990, 248: 41-44.
  3. Adler NE, et al. “Psychological factors in abortion: a review.” American Psychologist, 1992, 47(10): 1194-1204.
  4. Russo NF, Zierk KL. “Abortion, childbearing, and women’s well-being.” Professional Psychology: Research and Practice, 1992, 23(4): 269-280.
  5. Russo NF. “Psychological aspects of unwanted pregnancy and its resolution.” In J.D. Butler and D.F. Walbert (eds.), Abortion, Medicine, and the Law (4th Ed., pp. 593-626). New York: Facts on File, 1992.
  6. Stotland N. “The myth of the abortion trauma syndrome.” Journal of the American Medical Association, 1992, 268(15): 2078-2079.
  7. David HP. “Comment:post-abortion trauma.” Abortion Review Incorporating Abortion Research Notes, Spring, 1996, 59: 1-3.
  8. Russo NF, Dabul, AJ. “The relationship of abortion to well-being: Do race and religion make a difference?” Professional Psychology: Research and Practice, 1997, 28(1): 1-9.

Pour information additionelle

Pour obtenir un complément ou être adressée à un pourvoyeur qualifié d’avortement, appelez la ligne d’assistance sans frais de la National Abortion Federation:
1-800-772-9100.

Semaine: 08h00-21h00.
Samedi: 09h00-17h00, heure de l’est.

National Abortion Federation – Fédération nationale de l’avortement
P.O. Box 42065
Victoria, BC V8R 1T2
250-598-1858
250-598-1859 fax
canada@prochoice.org

National Abortion Federation
1090 Vermont Avenue, NW, Suite 1000
Washington, DC 20005
202-667-5881

Rédaction: Rene Almeling and Laureen Tews, MPH
Assistance à la recherche: Sahar Rais
Copyright© 1999, National Abortion Federation